Intertitres

  1. Poésie, exil et traduction : quelles frontières

Avoir affaire au langage poétique, c’est se retrouver, de toutes les façons, sur un territoire d’exil, lieux (au pluriel) démultipliés qui se laissent difficilement appréhender par le découpage du temps, lieux de non-dits, de choses cachées et mises à jour, lieux de mise en forme d’écriture à la lisière du pensable. Ecrire de la poésie, c’est formuler donc une écriture en cohérence avec ce qui ne peut être dit autrement, ce qui n’affiche ni temps, ni espace, ce que certains appellent sans doute, très probablement la folie. Oui, l’écriture poétique s’approche du territoire de la folie avec ses innombrables trous, béances, silences ravageurs, temporalités fixées et disloquées que l’on retrouve sur la page comme expérience de temps forcément différée, forcément autre : la question est de vivre le temps d’ici en étant la somme de temps différentiels et différentiés. Ici, l’expérience démultipliée de…

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