Arbrealettres




Je l’aime et le lui dis toujours en mêmes mots,
Avec de vieux frissons toujours, toujours nouveaux.
Mon cœur changeant, pour elle est demeuré le même ;
C’est mon ancienne voix qui lui dit que je l’aime ;
Et de l’accueil heureux le baiser coutumier,
Ô mystère d’amour ! est toujours le premier !
Ma pauvre âme blasée aux choses de la vie,
Dès que je la revois, en est toute ravie !
C’est elle qu’en mon rêve attendri j’acclamais ;
Et celle-là qui m’est si douce, et plus encore,
Celle-là que d’un cœur toujours jeune j’adore,
Je ne l’aurai peut-être à moi, jamais, jamais !…

(Albert Lozeau)

View original post