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Immagine di Pierre Mornet

Quando ti lasci cadere sul letto,
dai al chiarore la forma del tuo seno
e il giorno consuma tutta la sua luce
volendo aprire le tue ginocchia.

La tua origine è nello specchio che sgorga dal muro,
hai il sole sino in fondo alla gola,
sei nuova come una goccia di rugiada
che nessuno ha visto, che nessuno ha bevuto.

Hai il collo fragile di quegli uccelli
che raramente vediamo posarsi sulla terra
e quando sei in strada lo sguardo degli uomini
si alza intorno a te come una marea.

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Dietro i tuoi denti, la tua carne inizia
con biancospini di febbre e sangue.
Sai che è una prigione
di cui il mio desiderio ti libera.

La carezza fa il rumore di un polmone
cercando tra le tue cosce
la farfalla che vi si è posata,
quasi chiusa in te con le sue ali.

Con la cecità di una talpa,
scavi l’aria con i tuoi seni.
Intorno a essi le mie mani si alzano
come una montagna tagliata a metà.

Lucien Becker, Rien que l’amour, (Ed. La Table Ronde,2019)
Traduz. di Marcello Comitini

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En te renversant sur le lit,
tu donnes à la clarté la forme même de tes seins
et le jour use toute sa lumière
à vouloir ouvrir tes genoux.

Tu prends ta source dans le miroir qui coule du mur,
tu as du soleil jusqu’au fond de la gorge,
tu es neuve comme une goutte de rosée
que personne n’a vue, que personne n’a bue.

Tu as le cou fragile de ces oiseaux
qu’on voit rarement se poser sur la terre
et quand tu es dans la rue le regard des hommes
monte autour de toi comme une marée.

10

Derrière tes dents, ta chair commence
avec ses aubépines de fièvre et de sang.
Tu sais qu’elle est une prison
dont mon désir te délivre.

La caresse fait son bruit de poumon
en cherchant dans tes cuisses
le papillon qui s’y est posé,
presque fermé en toi de ses ailes.

Avec l’aveuglement d’une taupe,
tu creuses l’air de tes seins.
Autour d’eux mes mains s’élèvent
comme une montagne coupée en deux.

Lucien Becker, Rien que l’amour, (Ed. La Table Ronde,2019)
Traduit par Marcello Comitini