Appartenance XXV

 / BARBARASOLEIL

je reste là 

assise sur ta joie ajustée au ciel

je tête tes pas du roncier à la mûre

et t’habille de l’orbe des planètes

je plante des arbres à sel pour les ramiers

des herbes vivantes pour passer

nos rivières et ignorer la saison dure

je mordrai ton silence longtemps sous la pluie

et t’offrirai le vert de la durée

jusqu’à la prochaine écorce

pour ta nudité tendre mes mots ténus

l’innombrable de la douceur nichée

dans un parler clair

alors tu verras que la nuit inlassablement

se penche à toutes les fenêtres

pour nous retrouver

qu’elle vient chatouiller nos pieds

prompts à s’enfuir

qui n’ont jamais pu grandir autrement

que comme des ailes

et souviens-toi que nous détenons

l’adresse de l’horizon 

pareille celle des oiseaux quand tout le monde

se demande où ils se terrent 

quand on ne les voit plus

Barbara Auzou.